image presentation 2010 Ils ne peuvent pas me tuer comme Olympio. Alors, ils ont cherché un autre moyen de m’éliminer. Ce n’est pas fini ! Le peuple togolais n’acceptera pas cela. Et moi non plus. 

Togo a voté !

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Les dessous honteux d’une « victoire » honteuse... Pourquoi soutenons-nous toujours que Faure Gnassingbé ne peut pas avoir été démocratiquement élu par le peuple togolais ? Pour au moins deux raisons.

D’abord, parce que l’ampleur de « sa victoire » défie le simple bon sens. En effet, lors des législatives d’octobre 2007, l’Ufc et le Rpt étaient au coude à coude en nombre de voix, environ 900 000 voix chacun ! Comment peut-on nous expliquer qu’en 28 mois exactement, le RPT, avec le bilan gouvernemental qu’on lui connaît, a pu engranger quasiment deux fois plus de voix que l’Ufc ?

Ensuite, comment le Rpt peut-il nous expliquer que le Nord du pays a pu faire voter à hauteur de100%, voire 120%, sa population alors que le Sud ne s’est mobilisé qu’à hauteur de 50%, voire moins ?

La vérité au grand jour

En vérité, il faut savoir que le Nord n’a pas été plus mobilisé que le Sud ! L’ordre, venu du gouvernement, a été intimé aux 15 préfets et aux 15 présidents de CELI du nord du pays de signer et de mettre à la disposition d’électeurs triés sur le volet des procurations à hauteur de 20 % du nombre des inscrits de tous les bureaux de vote. Ces électeurs, par ailleurs grassement payés, ont pu voter autant de fois que nécessaire pour épuiser chacun leur stock de procurations. Au dépouillement, lorsqu’on constatait, malgré le bourrage ainsi réalisé, qu’il subsistait des non votants, on complétait la feuille d’émargement avec des bulletins pré-votés que l’on a appelés du doux nom de « bonus pour le RPT » et systématiquement attribués au candidat du Rpt.

Ajoutons à cela les menaces, les violences, l’achat des consciences des délégués récalcitrants... et le tour est joué. Et tout ceci, au nez et à la barbe des observateurs étrangers, soigneusement surveillés et signalés par de nombreux activistes Rpt déguisés en « observateurs nationaux », stratégiquement postés pour prévenir de l’arrivée de ces intrus d’étrangers ! Dans la préfecture de la Binah, on a même vu des isoloirs constamment occupés par des Rptistes dont le rôle était d’expliquer aux électeurs qu’ils devaient obligatoirement voter « le maïs ».

On ne compte plus le nombre de bureaux de vote sauvages installés dans les préfectures limitrophes du Bénin du côté de Bafilo ou du Burkina du côté de Cinkassé où de nombreux cars (combien exactement ?) étaient remplis d’électeurs venus du Faso, du Niger et même du Mali pour voter Rpt, moyennant finances.

L’ensemble de ce système d’arnaque organisée a été si parfait qu’un membre de la CENI s’est vanté devant un de ses amis : « Oui, on a triché, mais je mets au défi qui que ce soit de pouvoir mettre à jour nos fraudes !  ». Oui, ils ont tellement bourré les urnes qu’ils en ont dépassé leurs propres attentes.

Voilà le stratagème qui a permis au candidat du Rpt d’atteindre un score scandaleux aux yeux mêmes de ses propres manipulateurs : 80 % des voix… c’est le chiffre faramineux trouvé in fine et qu’aurait dû transmettre le système VSAT !

Le VSAT : la panne « diplomatique » !

Devant un tel résultat, non maîtrisé des fraudes, la ficelle est apparue tellement grosse que la panique a gagné les cerveaux des chefs fraudeurs et qu’il a été nécessaire de mettre le VSAT en panne pour éviter le scandale devant les différents observateurs étrangers !

Alors, ordre a été donné aux présidents des CELI d’apporter des « corrections » aux PV avant de se regrouper sur l’aéroport de Niamtougou (pour les CELI du Nord) d’où ils ont été ensuite acheminés vers la CENI à Lomé.

Alors, d’où vient ce chiffre artificiel final de 60,88 % ? C’est le résultat de la deuxième « correction » effectuée par la CENI avec la bénédiction de la Cour Constitutionnelle, et qui pouvait paraître « raisonnablement réaliste ».

Les conséquences imprévisibles d’un scrutin

Les Togolais sont retournés aux urnes en 2010 ; nous les en avons parfois suppliés. Car la plupart, échaudés par le scrutin de 2005, avaient déchiré ou jeté leurs cartes d’électeurs, nous faisant observer - avec quelle justesse - qu’il ne sert à rien de voter au Togo. D’abord parce que ça se termine toujours par la victoire du Rpt et toujours par les violences avec leurs cortèges de blessés, de morts, de destructions, d’exilés... Alors à quoi bon aller prendre tant de risques ? Ils avaient donc raison ! Dans nos marches et manifestations diverses, les jeunes expliquent : « Nous, on sait ce qu’on a voté. On est fatigué de ce Rpt. Il faut une alternance. Si cette fois-ci encore le RPT décide de rester au pouvoir, on n’aura plus besoin de voter dans ce pays : autant qu’il nous tue tous et, morts, au moins nous ne verrons plus leurs magouilles ! »

Cette fois-ci, il n’y a pas eu de morts, mais doit-on s’en contenter ? Je sais aussi que si le Rpt, pourtant conscient de n’avoir pas gagné ce scrutin, décidait de garder le pouvoir quoi qu’il advienne, le pays sera difficilement gouvernable encore cinq ans sous l’habituelle férule du parti du maïs. Et que Faure Gnassingbé décide d’étouffer le Rpt pour se refaire une virginité en créant un nouveau parti ne changera rien à l’affaire puisque les hommes seront toujours les mêmes, puisque le « système » restera inchangé…

Le Rpt est sans programme et sans projet de société pour les Togolais. C’est pourquoi il ne pas fait campagne, mais il fait carnaval : il se contente de distribuer l’argent du contribuable, les strings et autres babioles, en particulier à ses animateurs et de les faire chanter et danser sur ses différents podiums.

En conclusion :

Pas d’idées, pas de débats, pas de programme, pas de projet... Que peut bien faire le Rpt au Togo dans les cinq prochaines années et qu’il n’a pas réussi à faire pendant les quarante trois dernières années passées au pouvoir ?

Rien... et cela, Faure Gnassingbé le sait, il ne le sait que trop. Voilà pourquoi il se terre et se tait.

Kofi Yamgnane

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