vendredi 6 décembre 2013

ADIEU MANDELA !




Le combat pour les indépendances des pays africains bat son plein en ces années 1960 et certains États ont déjà atteint leur souveraineté. Je suis en classe de 1ère au Collège Saint Joseph de Lomé en 1963. Quatre évènements marquent cette année-là, qui se révéleront d'une importance planétaire quelques années plus tard : l'assassinat de Sylvanus Olympio, premier Président élu de la jeune République togolaise ; l'assassinat du Président J.F. Kennedy ; l'assassinat de M.L. King ; N. Mandela est jeté en prison par les tenants de l'apartheid sur notre propre continent.
Ce dernier événement, plus que tous les autres, marquera profondément les esprits des jeunes Africains que nous sommes. Les protestations s'organisent partout sur le continent pour la libération de Madiba, en vain.
Nelson Mandela restera 27 ans dans les geôles de l'apartheid ! En 1990, à la suite de sa libération, il se rendra à Paris à l'invitation du Président Mitterrand ; je suis invité à venir le saluer, par Laurent Fabius, alors Président de l'Assemblée nationale. Malgré la simplicité de l'homme, je suis tétanisé devant celui qui est pour moi plus qu'une idole : un véritable monument de l'Histoire de l'Afrique, le symbole vivant du combat pour la liberté de l'Homme !
Désormais, Mandela est tellement immense que lorsqu'il éternue, c'est la planète entière qui s'enrhume.
Il nous laisse, à nous Africains, à tous les opprimés du monde, un immense héritage de dignité, de combativité, de capacité de pardon, de tolérance... Il a rénové une des valeurs essentiels des civilisations africaines : le dialogue, « la palabre », en lieu et place de la force, de la violence exercées contre toutes les minorités.
Je fais le vœu que tous les Africains, dirigeants et citoyens, s'inspirent profondément de cet héritage pour guider notre continent vers la paix, la démocratie et le développement. Rien ne justifie la guerre qui sévit partout en Afrique : ni la volonté de puissance, ni le désir fou d'enrichissement...
Madiba, de là où tu es désormais, inspire-nous et guide-nous.


Kofi Yamgnane 

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