lundi 21 novembre 2016

TOGO: 13 NOVEMBRE 2016, DIMANCHE NOIR EN PAYS BASSAR



Braquage à Guérin-Kouka : 4 personnes grièvement blessées, dont un enfant.

En septembre 2014, l'Administration togolaise de la Justice m'oblige à faire 4 allers-retours Lomé-Bassar en 3 jours successifs pour la mise en conformité de mon acte de naissance.
Le 3e jour, sortant de la Cour d'Appel de Lomé vers 16:00 heures, je décide de prendre la route pour Bassar. Très inquiets, mes amis me le déconseillent vivement : « ...ne sais-tu pas que le phénomène d’insécurité est très prégnant sur tout le territoire togolais ? Au large de Notsé, il y a des coupeurs de routes et tu n'arriveras jamais à Bassar...N'y va pas. C'est vivant que le Togo a besoin de toi, pas mort... »
Je décide de partir, mais je prendrai vite conscience de mon imprudence à mes dépens : il n'y a pas que Notsé qui est concerné ! Depuis des années, il ne se passe pas une semaine sans que ma région natale n’enregistre ces actes de grand banditisme indignes d'un pays gouverné ! Ainsi ce mois de septembre 2014 a marqué durablement ma vie. En effet reparti pour Lomé en milieu d'après-midi, je n'étais même pas encore arrivé à Malfakassa quand j'apprends par téléphone qu'un braquage venait d'avoir lieu juste à la sortie de Bassar vers Sokodé, perpétré par un lieutenant des FAT, coutumier de trafics de carburants frelatés ! C'est lui-même qui aurait abattu d'une rafale de mitraillette le Commandant de la Brigade de gendarmerie placé sous ses ordres et appelé sur les lieux par des témoins. Je crois rêver !
C'est exact, les scènes se déroulent souvent sur les axes Dimori-Bitchabé, Bitchabé-Bangéli, Bangéli-Kabou, Kabou-Danpken, Tankpa-Bassar, Bassar-Sokodé. Des individus lourdement armés et sans état d’âme tirent sur les véhicules de transport et leurs passagers. Cette fois-ci, le drame a eu lieu au droit du village de Nawaré, entre Kouka et Kabou : 4 blessés graves par balles, dont une fillette de 6 ans. Les assassins étaient lourdement armés avec des fusils d'assaut, des armes de guerre. D'où les tiennent-ils ?
Fort d'un effectif de près de 15 000 hommes aujourd’hui, auxquels il faut ajouter les gendarmes, les policiers, les douaniers...etc, avec une montée régulière des dépenses militaires, avec un ratio de 1 militaire pour 250 habitants environ, le Togo est le pays le plus militarisé du monde ! À quoi sert une telle pléthore d'hommes en tenue ? Comment expliquer qu'une telle armada ne soit pas capable d'assurer la sécurité de 6 millions de Togolais répartis sur un territoire à peine grand comme une Région de France ?
Tous les Togolais se posent ces questions mais moi je les pose à Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République, Chef de l'État togolais et Chef suprême des Armées : ne pensez-vous pas déraisonnable et ridicule de réunir à Lomé un Sommet de l'UA pour prétendument sécuriser les océans alors que votre pays et ses habitants tombent tous les jours sous les balles de malfrats ?
Vos préfets de Bassar et de Dankpen sont des colonels des FAT. On eût pu espérer que ces 2 hauts dignitaires de l'armée nationale assurassent, mieux que quiconque, la sécurité des citoyens placés sous leur autorité. Mais non, ce n'est pas le cas et c'est même le contraire : nos 2 acolytes ne cessent de bomber le torse et montrer leurs biceps uniquement pour terroriser mes frères paysans.
En particulier, celui de Dankpen est allé jusqu'à les obliger à laisser détruire leurs récoltes par les troupeaux transhumants des peuls et se créer un cheptel de plusieurs troupeaux grâce aux bêtes de ces derniers, gracieusement laissées pour « services rendus » ! De plus, ce colonel-préfet s'est rendu « célèbre » pour de multiples atteintes aux droits de l'Homme :
  • en avril 2006, il a été dénoncé par Amnesty International pour des violences inhumaines sur le compatriote Komi Tabini et et ses 5 malheureux compagnons,
  • le colonel-préfet Dadja Manganawè est un spécialiste réputé en matière électorale : gonflement du fichier électoral, achat de conscience des électeurs, intimidation des militants de l’opposition, arrestation et détention arbitraires, bourrage des urnes, expulsion des délégués de l’opposition des bureaux de vote, falsification des procès-verbaux et j’en passe.
  • le colonel-préfet Dadja Manganawè s'est rendu coupable de faux, faux en écriture, usage de faux, faux témoignage... en accusant le député Targone de mille maux : « ...trouble à l’ordre public, violences volontaires, complicité de violences volontaires, homicide volontaire, complicité d’homicide volontaire, destructions volontaires par incendie, complicité de destructions volontaires par incendie, vol qualifié et complicité de vol qualifié... »
  • le colonel-préfet Dadja Manganawè s'est autoproclamé « procureur » pour juger et condamner ses sujets comme bon lui semble et ce n'est pas les juges Adjéwoda, Toké, Troitre et autres qui me démentiront...ils ont payé pour le savoir, chacun à sa manière !
  • le colonel-préfet Dadja Manganawè, usant de sa brutale autorité, a aussi tenté d'entrainer dans sa folie terroriste, différents Commandants de Brigade de la gendarmerie pour terroriser des villages entiers : Nabouré, Kidjaboune, Katchamba, Nawaré, Kourkpong et surtout Nandouta… réputés acquis à l’opposition.
  • en un mot comme en mille, nommé là en 2001, le capitaine Dadja Manganawè se révèle très vite en tortionnaire : usage disproportionné de la force, mépris absolu des hommes et de leurs coutumes et mépris absolu des lois de la République.
  • à Kouka, il est à la fois militaire, administrateur, juge et flic : un monarque 

    absolu! Il est sur tous les fronts : il exploite du bois, gère la caisse de la 


    préfecture, pêche illégalement dans les zones interdites par les coutumes 



    locales, extorque les biens des populations pour qui il est rapidement perçu 


    comme un véritable symbole de la peur et du ressentiment.
  • très corrompu et très obscur, il traite avec les personnes les plus controversées et les bandits notoires de la préfecture
Comment pouvez-vous, Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République, laisser chez nous depuis autant d'années des préfets aussi inefficaces que nuisibles ? Jusqu'à quand comptez-vous les maintenir en poste ? Jusqu'à la révolte violente de populations qui n'en peuvent plus ?
Monsieur Essozimna Faure Gnassingbé, président de la République, mettez un terme à la grande souffrance de mes parents...ils vous en sauront gré.


Kofi Yamgnane
Président de Sursaut





mardi 1 novembre 2016

MAIS QU'EST DONC ALLÉ CHERCHER VALLS EN AFRIQUE?


Voici une réponse d'un journal du continent...
Liberté(Quotidien togolais)
N°2309 du Lundi 31 Octobre 2016



Visite (de travail) du PM français au Togo


Éditorial
Au-delà des arguments officiels avancés, des suspicions légitimes
Le Premier ministre(PM)français était à Lomé en fin de semaine passée. Manuel Valls était officiellement en visite de travail, et bien d’activités ont meublé son séjour.
Cette venue au Togo est placée dans le cadre d’une mini-tournée dans la sous région devant le conduire à Accra au Ghana et à Abidjan en Cote d’Ivoire. Mais appréhendée à l’aune du contexte politique en France, notamment celui de l’élection présidentielle, la visite au Togo du chef du gouvernement français soulève bien de suspicions légitimes.

Coopération bilatérale, inaugurations tous azimuts...
Comme annoncé depuis des jours, Manuel Valls est arrivé vendredi passé dans l’après-midi à Lomé. Accueilli par son homologue togolais Komi Sélom Klassou, il a mis le cap tout de suite sur le Palais de la Présidence où il a eu un entretien avec Faure Gnassingbé. Coopération bilatérale, situation dans la région ouest africaine...telles sont les questions qui auraient été au menu des entretiens entre le Premier ministre français et les autorités togolaises. Il aurait été aussi question de contrats, et Manuel Valls était accompagné d’une délégation composée de ministres, de parlementaires et d’opérateurs économiques français.

Le séjour du chef du gouvernement français n’était pas constitué que d’entretiens et ne s’est pas déroulé que dans les bureaux de la Présidence ou de la Primature. Manuel Valls est sorti sur le terrain, et a procédé à l’inauguration de nouveaux bâtiments à l’Institut français et au Lycée français de Lomé; il a visité le centre d’aide sociale Saint-André à Adéticopé, le port de Lomé et posé la première pierre du Centre d’enfouissement technique de déchets solides de la capitale à Aképé, un projet conjointement financé par la Banque ouest africaine de développement (BOAD), l’Union européenne (UE), l’Agence française de développement (AFD) et la Délégation spéciale de la ville de Lomé. Officiellement, ce sont les activités qui ont meublé le séjour au Togo de Manuel Valls.
On ignore la portée que Faure Gnassingbé a voulu donner à cette visite, mais on note que même Emmanuel Shéyi Adebayor(footballeur internationalement connu!) était embarqué dans la sortie du PM français sur le terrain.

Des clins d’œil au pouvoir de Lomé
«Nouvelle ère?», c’est en tous cas sous ce prisme que le Premier ministre français conçoit la coopération entre son pays et le Togo.
À l’entendre, la France veut renforcer ses liens traditionnels avec notre pays.
« Je dirais plutôt que c’est un retour à la normale! Et une volonté: la France veut donner une nouvelle dimension à sa relation avec le Togo», a-t-il déclaré quelque temps avant son arrivée dans nos murs.
Des mots qui font chaud au cœur des gouvernants en place? Il en a eu! Et beaucoup! C’est un Premier ministre plutôt admiratif du régime de Lomé que l’on a entendu dans ses interventions.
« Votre pays change, il avance, il progresse. Nous voulons l’accompagner. Il faut plus de présence française, plus d’échanges, plus de coopération. La France et le Togo doivent réfléchir ensemble, très concrètement, domaine par domaine. C’est la raison de ma venue à Lomé », « Le Togo change, il change dans le bon sens. La France croit au Togo et la France veut une relation plus forte avec le Togo», a-t-il déclaré, rendant hommage au pouvoir en place pour, à ses yeux, les progrès accomplis par le Togo en matière de démocratie et de bonne gouvernance, son action diplomatique et sa détermination à lutter contre le terrorisme, entre autres propos laudatifs à l’endroit de son hôte. Faure Gnassingbé n’en demandait pas tant!... et il le lui a bien rendu, avec tout le folklore qui a entouré le séjour de son hôte, un (simple) Premier ministre reçu comme « Un Prince à New York »...
il ne manquait que l’animation politique formelle pour que l’ambiance soit complète...
Au-delà du pouvoir en place, c’est à tout le continent que le Premier ministre français a fait un clin d’œil. « (...) L’Afrique est le continent de l’avenir – c’est ma conviction profonde, et c’est d’ailleurs mon quatrième déplacement sur ce continent en tant que Premier ministre. La croissance de demain se joue en Afrique de l’Ouest. Et l’économie togolaise est pleine d’opportunités ! La France croit dans le Togo. C’est ce message que je veux porter auprès notamment des entreprises françaises », a-t-il dardé.

Une présence entourée de suspicions
Les relations entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique sont devenues plus secrètes, sournoises et maffieuses après les indépendances ; ce qu’on désigne par le vocable Françafrique. Et la visite d’un dirigeant français de haut niveau dans une de ses anciennes colonies est toujours entourée de suspicions plus ou moins légitimes, les populations y voyant des raisons cachées au-delà des officielles souvent avancées. Certains la comparent à une visite ou à un coup de fil d’une ancienne copine de jeunesse à son ex-ami et qui se conçoit comme une requête indirecte adressée à ce dernier...Faut-il le rappeler, la visite d’un Premier ministre au Togo remonte à des décennies, avec Michel Rocard qui était dans nos murs, et cette présence de Manuels Valls n’échappe pas à des interrogations.
Pour un dirigeant français qui, en janvier seulement, abordait la question de l’élection d’Ali Bongo à la présidence du Gabon et le disait pas élu « comme on l’entendait », c’est-à-dire pas démocratiquement, se fondre en éloges à l’endroit de Faure Gnassingbé parvenu au pouvoir dans les mêmes conditions ou même
plus pour fermer les yeux sur les élections locales et les réformes
constitutionnelles et institutionnelles de l’Accord politique global (APG) et même préparer son 4e, puis son 5e , puis...nième mandat au pouvoir.
Les observateurs avisés des « coups de main» de certains régimes africains aux présidents français pour leur réélection, et notamment des transferts de fonds, loin des yeux et des regards indiscrets, parfois dans des mallettes et/ou djembés bourré(e)s de fric comme contribution à l’effort de guerre (sic), font vite le lien avec le contexte politique en France marqué par les grandes manœuvres pour l’élection présidentielle de 2017 en France pour laquelle le président actuel François Hollande et le parti au pouvoir sont dans de beaux draps.
Pour nombre d’entre eux, la tournée ouest-africaine de Manuel Valls a des senteurs d’une « campagne de collecte de fonds ».
À certains qui pensent qu’il était là juste en émissaire pour apporter le butin (sic) à qui de droit –suivez les regards-, s’adjoignent d’autres qui glosent déjà : « Valls fait des pieds et des mains pour démontrer que Hollande est hors jeu pour les élections et il œuvre pour que les éventuels candidats de Gauche se rangent derrière lui ».
En tout cas, cet intérêt du Premier ministre français au Togo ne devrait qu’arranger Faure Gnassingbé.
Comme s’il pressentait une suspicion de sa visite, Manuel Valls a déjà anticipé et balayé d’un revers de la main les critiques de relations françafricaines :
« Il n’y a entre la France et l’Afrique francophone aucun « pré carré », mais des liens privilégiés – c’est une histoire, une langue que nous avons en partage. Ces liens sont une chance, et nous voulons les entretenir, même s’ils ne sont bien sûr pas exclusifs. Nous développons donc nos contacts avec tous les pays d’Afrique ; et je me rendrai, après Lomé, à Accra. Notre relation avec l’Afrique, c’est cet héritage ... »
.
Au demeurant, c’est bien curieux que le Premier ministre français se donne la peine de faire le déplacement de Lomé pour des inaugurations d’infrastructures socio-éducatives n’ayant rien de stratégique et que l’ambassadeur de la France au Togo aurait pu gérer.
Autre curiosité assez parlante, pour une visite dite de travail, le Premier ministre français s’est gardé de toute déclaration au sortir de son audience avec Faure Gnassingbé...
Signé: Tino Kossi


Article en page intérieure
    M.Valls, voici les changements...
    dont rêvent les Togolais!
«Il ne peut y avoir de développement sans démocratie» (François Hollande)

Lors de son déplacement au Cameroun en juillet 2015, François Hollande laissait entendre qu’«il ne peut y avoir de développement sans démocratie». La démocratie est un facteur qui est déterminant pour le développement des jeunes nations d’Afrique. Le président français rejoint ainsi les grands défenseurs de l’idéal démocratique pour qui il ne peut pas y avoir de développement sans démocratie préalable.
Pour nous autres Togolais qui n’avons connu qu’une seule famille, les Gnassingbé, pour nous qui vivons depuis un demi-siècle dans la dictature du père puis du fils, quand nous entendons parler de la France, les valeurs qui reviennent c’est la démocratie, la bonne gouvernance, la justice, l’État de droit, les libertés...etc. Ces valeurs qui nous font tant rêver ne sont qu’un leurre au Togo des Gnassingbé.
Manifestement, pour la première et probablement dernière visite de Manuel Valls au Togo, les intérêts économiques ont pris le pas sur la démocratie. Les questions des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales et de la décentralisation qui préoccupent les Togolais depuis plusieurs mois, ont été peu, et même pas du tout en public, évoquées par le Premier ministre français.
Pour Manuel Valls qui tançait, il y a quelques mois, le président gabonais Ali Bongo d’être mal élu, c’est assez étonnant qu’il se plaise à s’afficher aussi fièrement aux côtés de Faure Gnassingbé et à se laisser même aller à quelques envolées à l’endroit de son hôte.
« Le Togo change dans le bons sens (...) Comment ne pas déjà ressentir les vibrations et les transformations ? Comment ne pas voir qu’une Afrique nouvelle se dessine et se prépare ici ? Monsieur le Président, vous faites avancer ce pays avec patience, avec détermination pour qu’il rattrape le temps perdu lors des années difficiles. Et vous avez eu à cœur, et c’est comme ça que l’on reconnaît les grands dirigeants, de favoriser la réconciliation des Togolais entre eux et avec leur peuple», a-t-il déclaré.
Peut-être que l’ancien maire d’Évry fait-il allusion au fait que certaines artères de Lomé sont réhabilitées ou construites ? Comme le dit si bien Laurent Duarte, coordinateur de la campagne «Tournons la page», «100 kilomètres de routes goudronnées ne feront jamais un bilan politique ».
En tout cas, il n’y a aucun mérite après 50 ans de règne sans partage, à construire des « ruellettes » qui ne sont pas dignes de Lomé la capitale, mais plutôt de petites villes de l’intérieur.
Le changement dont rêve l’écrasante majorité des Togolais est de pouvoir manger à leur faim, de pouvoir s’éduquer, se soigner, se loger, se vêtir, de pouvoir bénéficier d’une juste et équitable répartition des ressources et richesses du pays, de pouvoir choisir librement leurs dirigeants au cours d'élections démocratiques, libres et équitables. Les gouvernants étant au service du peuple, il est légitime de les remplacer quand le peuple estime qu’ils ne remplissent plus leur mission. Mais cette possibilité n’existe pas au Togo. Et dans un pays où l’espérance moyenne de vie est de 56 ans (données de 2012), il est donc possible de naître et de mourir en n’ayant connu qu’un seul président, Gnassingbé.
Manuel Valls sait-il que dans la Communauté de l’UEMOA qui rassemble huit (8) pays francophones de la sous-région, le seul à ne pas connaitre l’alternance politique depuis 50 ans est le Togo ? Sait-il que le Togo est le seul pays à ne pas avoir une limitation du mandat présidentiel? Sait-il que le Togo demeure le seul pays dans la sous-région à ne pas avoir une élection présidentielle à deux tours ? Sait-il que le Togo est le seul dans la sous-région à ne pas réaliser la décentralisation de ses institutions locales ?
Voilà les changements que nous voulons. Pour ce qui est des routes, elles viendront d’elles-mêmes...

Signé: Médard AMÉTÉPÉ

samedi 15 octobre 2016

SÉCURITÉ MARITIME: UN «SOMMET» EN TROMPE-L'OEIL!



La fuite en avant permanente continue pour le gouvernement togolais: sa dernière lubie, organiser un sommet sur la sécurité maritime!
Un sommet de camouflage! En effet, le Togo a tout juste 50 km de côtes, pas de flotte; pas une seule île, mais un port en eaux profondes, siège de tous les trafics: drogues, armes, êtres humains, surtout des enfants...etc.
Pourquoi les pays qui possèdent des milliers de kilomètres de côtes, des centaines de navires et des dizaines d'îles n'organisent-ils pas un tel sommet ?
Les populations togolaises meurent de faim pendant que le pouvoir incendie lui-même ses propres marchés et ruine son économie. Sa jeunesse est au chômage en masse. Ses écoles restent fermées. Beaucoup de ses enfants fuient la misère et affrontent la mort dans l'émigration. Son armée tue d'innocents citoyens à Dapaong, à Mango et ailleurs....Voilà un gouvernement sans légitimité populaire qui sait qu'aucune instance internationale ne peut le légitimer auprès de son peuple... mais qui court: il faut à tout prix quêter la reconnaissance et l'onction d'autres pays en se donnant bonne conscience dans des débats qui n'intéressent en rien les Togolais et en s'arcboutant sur des postures d'autorité sans aucune vision. Un gouvernement pathétique!
C'est pour le pouvoir togolais l'occasion d'enfumer une fois de plus la communauté internationale et surtout d'instrumentaliser les médias qu'il convoque séance tenante pour leur délivrer la parole officielle: «...ce sommet est l’affaire de tous...» ou de les menacer directement en leur rappelant «... les dispositions de l’article 54 du code de la presse et de la communication...». Le bâton sans même la carotte!
Pourquoi le Togo n'organise-t-il pas un sommet sur les migrations africaines, sujet qui intéresse tous les Africains? La jeunesse africaine se noie en Méditerranée...Et l'Europe se barricade derrière ses frontières, construit des murs de barbelés, déploie ses forces de protection...etc. Combien de temps une telle situation est-elle encore supportable?
C'est la seule question que devrait se poser l'Union Africaine. Or la seule absente du débat sur les migrants, c'est bien l'UA! Mais alors à quoi sert-elle, cette Union? J'aimerais tant avoir une réponse...
Pourquoi le Togo n'organise-t-il pas un sommet sur le chômage de masse des jeunes togolais et africains? Sur la santé des populations qui ne peuvent pas aller se faire soigner en Europe, en Israël ou ailleurs? Sur les carburants frelatés que les occidentaux livrent tous les jours à l'Afrique pour la polluer en permanence? Sur l'existence des armées pléthoriques africaines incapables de repousser les criminels mais seulement capables de massacrer des populations aux mains nues? Sur l'évolution démographique du continent: déjà dès 2030, le Nigeria sera plus peuplé que les États-Unis d'Amérique! En 2050, le centre de gravité démographique du globe se déplacera pour s'établir en Afrique (2 milliards d'habitants!)? Toutes choses égales par ailleurs, l'Afrique comptera 55% de jeunes de moins de 15 ans: une bombe atomique à retardement! Ce problème ne mérite-t-il pas un sommet de l'Union Africaine, dès maintenant?
Pendant ce temps de diversion, la politique politicienne togolaise bat toujours son plein: personne, et surtout pas le pouvoir, ne cherche à surmonter ce fameux clivage mortifère devenu historique CUT/PROGRÈS, UFC/RPT, ANC/UNIR...
Personne, et surtout pas le gouvernement, ne voit qu'il faut en finir avec cette hystérisation du trop médiocre débat politique qui mine notre pays depuis tant de générations... «dialogues» interminables, engagements non respectés, réformes impossibles!
Pendant ce temps, on «amuse Jacques Bonhomme»: un sommet sur la sécurité maritime à Lomé! Quelle dérision!

Le Togo n'a même pas réussi à protéger son petit littoral rongé par la mer (la route côtière a déjà été déplacée 3 fois depuis 1968 et l'actuelle route est désormais à 5 km de la première aujourd'hui submergée sous 20 m d'eau!)et par l'exploitation sauvage des matériaux de construction et défiguré par des agents immobiliers étrangers, contre espèces sonnantes et trébuchantes distribuées en liquide aux dirigeants...et c'est ce pays-là qui organise un "sommet" sur la sécurité maritime! C'est comme si l'on confiait la chasse à la drogue au cartel de la drogue! Il ne faut pas en rire car c'est à pleurer!

mardi 30 août 2016

PROPAGANDE, QUAND TU NOUS TIENS !!!



En 2005, voici ce que promettait Faure Essozimna Gnassingbé, prince de Pya, «l’homme jeune pour un Togo moderne».
Ça s'appelait pompeusement : « LES 20 PLUS DE FAURE »
Lisez plutôt !

1. PLUS POUR LA RÉCONCILIATION ET L’UNITÉ
Le Togo doit se réconcilier avec lui-même. Il doit accepter ses différences mais renforcer son unité du nord au sud et de l’est à l’ouest.
Oui on vous voit à l'oeuvre : pendant que la CVJR tente de colmater quelques brèches, continuent les assassinats, les viols, les vols dans la plus totale impunité !

2. PLUS POUR LE RAYONNEMENT INTERNATIONAL.
J’associerai l’ensemble de la société togolaise à la définition de notre politique étrangère.
Oh là là ! Prince, n'en rajoutez pas ! Tous les Togolais savent que votre diplomatie n'est composée que des membres de l'ethnie de votre père...et les autres, vous les associez comment ?

3. PLUS POUR LA SÉCURITÉ.
Je renforcerai les relations entre le peuple togolais et ses forces armées et de sécurité.
En effet ! Mais de quelles forces armées et de sécurité parlez-vous ? Celles qui tirent à balles réelles et sans sommation sur les Togolais ?

4. PLUS POUR LA DÉMOCRATIE.
Je poursuivrai la marche du Togo vers la démocratie et l’État de droit : j’organiserai des élections législatives libres et transparentes ; je donnerai une place prépondérante à la société civile dans le dialogue social ; je mettrai en place le Sénat pour assurer la meilleure représentation des forces régionales et des élites religieuses, traditionnelles ou syndicales
Oui en effet, on a vu les législatives de 2013 pour lesquelles la fraude s'est insolemment amplifiée...et toujours aucune réforme politique en vue...

5. PLUS POUR LA JUSTICE.
Les Togolais ont droit à une justice transparente, indépendante et sûre
Non, mon bon prince, donnez-leur déjà une justice juste et impartiale.... Demandez donc à Bodjona ce qu'il en pense, de votre justice « transparente, indépendante et sûre » !

6. PLUS POUR LES LIBERTÉS.
Un code des libertés publiques sera élaboré pour assurer l’expansion des principales libertés: association, information, réunion ; un code des droits et devoirs des citoyens délimitera strictement la possibilité d’intervention des agents de l’État dans la vie des citoyens.
Code des libertés publiques : qu'est-ce ? Les prisons regorgent de prisonniers non jugés, non condamnés mais en prison par le bon vouloir du prince !

7. PLUS POUR LA BONNE GOUVERNANCE ET LA FONCTION PUBLIQUE.
J’assurerai le paiement des arriérés de pension aux agents permanents ;j’assurerai la régularité des salaires ; une évaluation du travail de chaque administration sera régulièrement accomplie avec le concours des fonctionnaires ; dans chaque administration, un délégué du médiateur recevra les plaintes des citoyens et devra remédier aux manquements constatés.
la Cour des Comptes sera mise en place.
l’obligation pour chaque titulaire d’une fonction publique de rendre compte de son mandat sera instaurée.
Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? Non mon bon prince de Pya, non, RIEN ! Vraiment RIEN !

8. PLUS POUR LA SOCIÉTÉ CIVILE
J’accorderai une place prépondérante à la société civile dans le dialogue social.
La société civile appréciera le niveau d'irresponsabilité du prince de Pya, si elle ne l'a déjà fait !

9. PLUS POUR LA JEUNESSE ET L’ÉDUCATION
L’éducation sera notre priorité. Les meilleures conditions seront créées pour l’éducation des jeunes: 5000 classes nouvelles avec les équipements appropriés seront créées en cinq ans.
un grand lycée scientifique sera créé.
les universités de Kara et Lomé seront développées.
j’améliorerai les conditions de vie des étudiants et développerai l’accès à l’internet, notamment pour constituer une bibliothèque virtuelle permettant à chacun d’avoir à sa disposition les ressources scientifiques les plus modernes.
les écoles d’initiative locale seront transformées en écoles publiques par un statut particulier.
les enseignants auxiliaires seront intégrés dans le corps des enseignants de l’administration.
je ferai attribuer par le ministre de l’enseignement des bourses présidentielles d’excellence.
une aide au premier logement sera instituée sous forme de micro-garantie par l’État.
Une aide au premier emploi des jeunes sera instituée sous forme d’exonération sociale.
Là, c'est la totale : une propagande que ne renierait pas lé régime de Kim Il Jung : que du vent, encore du vent !

10. PLUS POUR LES FEMMES
J’accroîtrai la responsabilité des femmes dans la vie politique, professionnelle et sociale ; je favoriserai la protection de l’intégrité physique et morale des femmes pour qu’elles puissant s’épanouir sans contraintes.

11. PLUS POUR LA RETRAITE
J’assurerai le paiement des arriérés de pension.
J’assurerai la régularité des pensions.
Je favoriserai les efforts de solidarité pour le troisième âge.
3 mensonges de plus, pour tenter de mystifier les Togolais !
12. PLUS POUR LA LIBERTÉ DE CRÉATION
Les entreprises jouent un rôle important dans la création d’emplois ; je supprimerai toutes les autorisations administratives préalables à la création d’entreprises. Un facilitateur pourra être saisi en cas de difficultés opposées aux entrepreneurs.
Saignées à blanc par la corruption et l'autoritarisme de l'État, les entreprises licencient (WACEM) et combien d'entrepreneurs ont fui le pays et combien se sont suicidés ?


13. PLUS POUR LA VILLE
Je nommerai un ministre chargé de mettre en place une politique de la ville et d’amélioration du cadre de vie : assainissement des villes et notamment Lomé ; logement pour tous.
Je ferai construire des maisons à bon marché pour faciliter le logement des jeunes accédant à la vie active et de tous ceux qui ont besoin de se loger dans de meilleures conditions.
Dans le cadre d'une politique de grands travaux, un appel sera adressé aux pays enclavés pour mettre en chantier une autoroute appelée «FLEUVE DE L’ESPÉRANCE» allant de Lomé à la frontière nord. Ce projet créera 100 000 emplois en 5 ans, offrira un moyen de transport efficace et sera le vecteur de notre intégration régionale.
100 000 emplois en 5 ans ? Que nenni, le chômage galope toujours et la prolifération des zemidjans en fait foi !
14. PLUS POUR LA SANTÉ
Je doublerai en 5 ans le budget de la santé.
Oui un colonel dirige le CHU de Lomé qui n'a même pas l'eau courante pour soigner les Togolais ! Mais qu'importe, ce malheureux établissement n'est-il pas appelé pompeusement CHU ? Et je ne vous parle pas des mouroirs de l'intérieur du Togo. Mais où se soignent-ils, les dirigeants, leurs familles, leurs maîtresses ?

15. PLUS POUR L'AGRICULTURE
Je favoriserai l’essor de notre production agricole en soutenant les agriculteurs.
J’aiderai l’élevage.
J’assurerai la défense de nos productions nationales sur le plan international pour que les paysans reçoivent un juste prix.
Je ferai payer à temps le prix du coton et des ristournes seront versées.
Je mettrai le prix des engrais à la portée des agriculteurs.
Aujourd'hui, devant votre désinvolture, les paysans meurent de faim dans leurs fermes!

16. PLUS POUR LA JEUNESSE ET LA CULTURE
Le sport sera popularisé avec la construction et l’aménagement de 1000 terrains de jeu.
Je donnerai l’opportunité aux artistes de développer leur talent en soutenant la création nationale et en lui permettant de s’affirmer dans le monde.
J’aiderai à la création de véritables maisons de la culture, de la musique et du spectacle.
Aucun terrain de sports n'a vu le jour et la culture togolaise est la grande absente du dialogue mondial des cultures!

17. PLUS POUR L'ARTISANAT
Je favoriserai l’aide à notre artisanat dynamique et créatif notamment par l’octroi de micro crédits et par la mise en place d’un fonds de garantie pour les investissements des artisans.
Les artisans attendent toujours et ne voient RIEN venir!

18. PLUS POUR LE TOURISME
Je favoriserai le développement d’un transport aérien à bas prix qui facilite la relation entre les togolais de l’intérieur et ceux de l’extérieur et aide au développement du tourisme.
10 hôtels de la classe internationale seront construits.
L'État togolais non seulement n'a ouvert aucun nouvel hôtel, mais il en a fermé à Lomé comme à l'intérieur du pays.

19. PLUS POUR L'ENVIRONNEMENT
Je conduirai une politique de l’environnement avec le consentement, le concours et la participation des populations locales.
Comme cela s'est passé à Mango en fin d'année 2015 ?

20. PLUS POUR LES MÉDIAS
Je défendrai en toutes circonstances la responsabilité et la liberté de l’information.
La fermeture de radios privées et de journaux indociles n'a jamais autant prospéré !



dimanche 26 juin 2016

Trafic d’enfants au Togo : la piste du canton de Glitto.


Sous un soleil de plomb de cette matinée de vendredi, la petite cour de l’école primaire publique de Glitto, environ 250 km nord-est de Lomé et à 60 km de la ville d’Anié, connaît une animation particulière. La centaine d’élèves se préparent à partir en vacances. Une période pleine de suspens tant pour les enfants que pour les parents et les directeurs d’établissements scolaires. « Je suis convaincu que peu d’enfants reviendront à la rentrée », regrette un parent. Où partent-ils? Que vont-ils y faire ? Reviendront-ils un jour ? Et dans quel état ?

Ils sont des dizaines d’enfants à quitter, chaque année, le canton de Glitto « à la recherche du bonheur » à l’étranger. Plusieurs d’entre eux ont à peine 12 ou 13 ans. Le Benin (dont la frontière) est à quelques kilomètres, le Nigeria ou encore le Cameroun sont leurs destinations privilégiées. « Là bas, ils vont pouvoir aller a l’école, apprendre un métier pour devenir des hommes », s’imaginent les parents, pleins d’espoir en les confiant à l’aventure. Un espoir qui, au fil du temps, s’effrite pour laisser la place à l’inquiétude et à la peur de perdre à jamais son « enfant chéri ».
Medium Rectangle
En effet, plusieurs de ces « adultes prématurés » perdent leur vie dans ces voyages aux desseins inavoués. Ceux qui ont plus de chance reviennent souvent malades ou dépourvus de tout. Un vélo, un poste-radio et quelques sous, voilà le butin de ces nombreuses années de galère. Un habitant du village de Kpatala raconte : « Il y a quelques mois, les corps de deux de nos fils ont été rapatriés du Nigeria. Ils sont partis dans les mêmes conditions que les autres avec des promesses d’un retour luxuriant… ».
Garanties du bonheur et d’une totale prise en charge, sont les « promesses » des individus véreux qui se livrent à ce commerce horrible. « Passeurs » comme ils se prénomment communément. Ils font le tour des villages du canton de Glitto et ses environs à la recherche de « marchandises ». Ils sont généralement originaires du milieu et servent d’intermédiaires entre les trafiquants et les parents. Ils convainquent ces derniers de laisser partir leurs enfants pour un avenir meilleur. « J’ai reçu 10.000 F CFA pour confier mes enfants. Ils vont à Lomé, selon le type qui est venu me voir », affirme un homme tout souriant et confiant dans un avenir meilleur pour son enfant. Assis sur un tronc d’arbre sur la place publique du village, il ajoute ne pas connaitre le nom du passeur. « Je sais seulement que c’est un jeune bien habillé, avec des lunettes noires et qu’il parle notre langue. Il m’a même promis que mes enfants seront comme lui », dit-il. Une aberration pour certains. Car comment confier ses enfants à un inconnu contre une maudite somme de 10000 F CFA? Mais pour qui a une fois expérimenté la vie en milieu rural au Togo, cette situation ne surprend pas beaucoup. Sols dénudés, sécheresses, manque d’infrastructures de base… bref, la misère ambiante reste le vécu quotidien de ces populations. La confirmation vient du gouvernement qui a publié début en 2014, les statistiques sur l’état de la pauvreté dans le pays. Les chiffres sont hallucinants, « 77% en zones rurales vivent avec moins d’un dollar par jour, soit (400 F CFA). La solution est alors toute trouvée pour se « débarrasser » de ces bouches supplémentaires . Les « confier » contre quelques pièces de CFA, surtout en cette période de la cherté de la vie.
Nombre d’enfants victimes de ce trafic sont alors vendus (sic) à des propriétaires de grandes plantations de café, cacao, canne à sucre du Nigeria, du Cameroun et de la Côte d’Ivoire … Des dizaines de ces enfants originaires du Togo ont été récemment retrouvés noyés sur les côtes marines gabonaises en 2008, après avoir sombré quelques jours plus tôt avec leurs embarcations de fortune. Des chiffres de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) estimaient que 218 millions d’enfants ont dû travailler dont 126 millions dans des emplois dangereux. Pis encore, 5.7 millions de ces êtres fragiles étaient en 2014 assujettis à un travail forcé ou à l’esclavage.
D’autres (les filles en majorité) deviennent des travailleurs du sexe dans les grandes métropoles africaines. Toujours selon l’OIT, ils étaient 1,8 millions à être soumis, en 2013, a la prostitution et à la pornographie. Leurs « prix » varient en fonction de leur âge et de leur allure et vont souvent jusqu’à 200.000 F CFA. De là à parler d’une nouvelle traite négrière, il n’y a qu’un pas à faire.
Au Togo, le ministère de la Protection sociale semble dépassé par les événements. Surtout dans les zones rurales. Seules quelques organisations non gouvernementales continuent le combat dans ces régions. Des comités de vigilance ont ainsi été installés dans les milieux les plus touchés par le trafic. Mais les moyens limités et l’absence de volonté politique amenuisent leur pouvoir. « Nous n’avons pas de salaire. En plus, que peut-on contre les gens à qui la faim a occulté la conscience ?», s’interroge Romaric, un jeune du village d’Atchinedi.

Robert Avotor


Voilà une des raisons pour lesquelles je vous supplie de signer et de faire signer la Pétition "La Révolte des Justes..."

lundi 6 juin 2016

La Révolte des JUSTES pour le Togo

La Révolte des JUSTES

Le Togo se préparerait de nouveau à aller à des élections « locales », sans consensus sur les fondamentaux de base que connaît tout État de droit ; sans Code électoral amendé conformément aux nombreuses recommandations que le pays reçoit de toutes parts depuis les années 90 ; sans découpage électoral consécutif à un recensement général de la population et des territoires ; sans rigueur, sans dialogue réel et sincère, sans probité, sans éthique, sans tant de choses qui sont exigées dans un réel État de droit, mais avec un objectif unique : avoir le plus d'élus locaux possibles, le maximum de communes et de régions pour « une majorité dite présidentielle » inexistante, quel que soit le nombre de voix de la part du peuple.
Le système a toujours fonctionné ainsi depuis 1963. Comment peut-on opérer ce tour de force encore aujourd'hui sans la réprobation de tous les JUSTES de la planète ?
Vous êtes un de ces « honnêtes gens », apportez-nous votre soutien pour qu'enfin la voix des populations soit entendue !

Notre objectif : faire changer les choses au Togo. Obtenir, pour une fois, que les élections soient faites dans l'ordre, avec sérieux, avec honnêteté, avec responsabilité, dans la justice...C'est bien le minimum que demandent, eux aussi et enfin, les évêques du Togo dans leur fameuse lettre épiscopale du mois de mai 2016.

Notre souhait : faire cesser la gabegie organisée par l'UE qui débourse à chaque scrutin, un minimum de 20 millions d'euros pour « observer » des élections qui sont toujours tripatouillées et bafouées en présence et avec la complicité de ses « observateurs ».
Les impôts des citoyens européens ne méritent-ils pas mieux ?

Entrez dans le grand Cercle des JUSTES !
Signez et faites signer cette pétition...
sur www.change.org

https://www.change.org/p/parlementaires-europ%C3%A9ens-la-r%C3%A9volte-des-justes-pour-le-togo?recruiter=39469487&utm_source=petitions_share&utm_medium=copylink




lundi 28 mars 2016

TÉMOIGNAGE BRETON...

Bonsoir Kofi, Bonsoir ami, Bonsoir frère,

Non ce n'est pas de l'apitoiement, c'est autre chose : de la colère? De la

constatation? De l'impuissance, ou quelque chose de plus profond?

En 1974, comme énormément de jeunes à cette époque-là, j'ai pris la route, 

comme on disait en ce temps. Pendant 4 longues années, j'ai parcouru la terre à 

la recherche de cet autre ailleurs, celui que l'on ne trouve jamais, celui qui 

n’existe pas. Évitant les grandes villes, pieuvres géantes aux tentacules mortelles, 

parcourant les pays que je traversais de village en village, partout je fus accueilli 

comme un ami, un frère. J'étais aussi pauvre qu'eux, ne possédant en tout et 

pour tout et pour toute richesse que mon vieux sac à dos, une maigre guitare et 

ma dégaine dégingandée. Souvenirs inoubliables que toutes ces rencontres...

Plus tard, j'ai connu la même misère dans ma profession d'éducateur face à des 

êtres humains qui, pour beaucoup n'ont d'humain que leur nom de baptême. Plus 

tard quand je me suis décidé à découvrir les grandes villes du monde, je n'y ai 

trouvé qu’indifférence et solitude des grandes métropoles, même parmi nos 

compatriotes Français. Le seul réconfort que j'ai trouvé à  New-York, à Sydney ou 

encore à Mexico, c'est dans les communautés bretonnes, tout comme vous-même 

vous l'avez trouvé en terre de PEN AR BED. Tout au long de ma vie, j’ai découvert 

des situations tellement tragiques, tellement insoutenables et j'en ai encore sous 

mes yeux tous les jours, les sans papiers traqués, les Roms mis au rebut d'une 

société dite civilisée, les sans abris de plus en plus nombreux, les personnes 

âgées fouillant dans les poubelles pour trouver un peu de nourriture ou achetant 

des boîtes de pâté pour chiens… il y a encore tellement d'exemples que je 

n'aurais pas assez de temps devant moi pour tous les mettre au grand jour, 

comme ces enfants en Côte d'Ivoire, esclaves dans les plantations de cacao… et 

l'on retrouve dans les gondoles de nos grands magasins des tablettes de chocolat 

venant de Côte d'Ivoire, vendues sous l'étiquette "COMMERCE ÉQUITABLE" ! Pour 

qui est-il  ÉQUITABLE ce commerce? Sûrement pas pour ces enfants esclaves !


Mais tout cela, vous le savez comme moi, mieux que moi ! Il est grand temps que 

les hommes ouvrent enfin les yeux et ce que vous faites pour le Togo, votre pays 

d'origine, est noble et beau. Je l'ai fait moi aussi un temps pour la Bretagne dans 

d'autres conditions, d'autres luttes... alors je comprends ce que vous ressentez 

par rapport à la diaspora togolaise, son indifférence et son égoïsme devant ce 

que vous entreprenez. J'ai ressenti la même indifférence de la part de la diaspora 

française à cette époque et pourtant s'ils savaient comme ce Pays est beau et 

généreux !

Je terminerai par cette phrase d'une chanson de GLENMOR :

"Passant, demeure ici...

Étranger, amarre ici ta galère...

La joie reviendra à la table d’hôte...

Passant, demeure ici par simple amitié… »


Oui ce n'est plus de l'apitoiement, ce serait plutôt de l’incompréhension. 

À bientôt. Continuez votre lutte. Bon courage et surtout gardons toujours en nous 

l'espoir, avec les rêves, les pensées… ce sont des choses que personne ne peut 

nous prendre, nous voler ou nous faire payer des impôts dessus.

KARENTEZ


Phil Youenn