jeudi 27 juin 2019

RÉVOLUTION TOGOLAISE / LE TOUR DE GARDE



« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise »
Proverbe

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

Le paysage politique togolais est sens dessus-dessous. L’opposition est désunie. Le peuple est désorienté et perdu dans le maquis de contradictions et d’incohérences des partis politiques. Le fossé entre le peuple et ses élites devient un abîme.
Certains partis participent à des élections locales pour lesquelles Mme Adjamagbo, coordinatrice du reliquat de la C14, reconnaît sans sourciller qu’il n’y a aucune garantie de transparence.
Apparaît désormais un déphasage profond entre le peuple et ceux qui ont fait profession de porter ses aspirations. Les scandales financiers, les insoutenables légèretés de certains hommes politiques, leurs compromissions successives, l’hypocrisie et la félonie de certains autres ont fini de corroder profondément la confiance du peuple. La roche tarpéienne est très proche du Capitole. La tentation du « tous pourris » n’est pas loin. Le risque d’un approfondissement de la léthargie du peuple et donc d’une perpétuation de la dictature au Togo est réel. L’incompétence notoire de certains leaders de l’opposition tend à rendre acceptable le maintien de la dictature de Lomé 2. Droit dans ses bottes, le pouvoir fait montre de plus d’intelligence manœuvrière dans la mise à sac du Togo et la conservation du pouvoir ad vitam æternamqu’une certaine classe politique emmenée par le principal parti de l’opposition L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et son chef M. Jean-Pierre Fabre. En outre, la brutalité des prises de position de ce parti à travers les propos maladroits et inutilement outranciers de son président l’affaiblit et jette l’opprobre sur toute la classe politique togolaise.

Les manifestations d’un peuple en mal de représentation

A Kpalimé, Blitta, Sokodé, Kara et probablement dans bien d’autres endroits où il passera, M. Fabre essuie la colère du peuple. Cette figure de l’opposition est en difficulté. Elle récolte le fruit de ses choix calamiteux, de ses compromissions et d’un manque criard de stratégie de lutte. Ces racines amères font de lui le traître de l’intérieur, sous la coupe d’une hybris mortifère qui l’empêche de distinguer l’intérêt du peuple et de s’y conformer. M. Fabre cristallise le dépit du peuple qui ne veut plus se laisser duper et se voir mourir pour des politiciens véreux, prompts à monnayer sa détermination et son destin. Magnanime et patient le peuple a longtemps pardonné ses faiblesses, son incompétence, ses brutalités, la piètre qualité de sa communication, ses compromissions, ses incohérences, la morgue méprisante de sa parole et son absence de stature et de charisme politiques. Cet acteur politique porté aux nues, faute de mieux, n’a pas su situer la part octroyée par le peuple à sa stature de chef de file. Il a cru être quelque chose sans le peuple. Il s’est fourvoyé. À qui on donne beaucoup, on exige beaucoup en retour. Il ne l’a pas compris. Il n’a pas fini d’en payer le prix.
La voix off de la vidéo de Sokodé proclame le ressenti de ce peuple :« tes turpitudes vont nous pousser à « désirer » nos bourreaux du RPT/UNIR et à leur donner nos suffrages ». On comprend le degré de désespérance d’une nation méprisée, instrumentalisée par ceux-là même qui s’arrogent le droit de la conduire vers sa libération et qui ne lui servent plus que la soupe embrouillée de discours et d’actes ineptes de renoncement, de complicité et de cupidité. Le peuple est solidaire de ses hérauts dont il attend en retour un minimum de bon sens, de fermeté et de simple honnêteté. Au lieu de cela les mêmes qui ont proclamé urbi et orbi :«pas de réformes, pas d’élections » ; qui ont fait de la libération des otages politiques la conditionsine qua nonde toute discussion avant de rentrer dans le labyrinthe des cocus sans obtenir ces mesures minimales d’apaisement ; qui ont réclamé le retour de la C92 avant de se contenter d’une réforme sur mesure pour le prince ; qui ont été floués, contraints, bernés avant de rentrer dans les rangs en acceptant de se départir de leur arme maîtresse des manifestations de rue ; qui ont décidé de ne pas participer aux élections législatives ont cédé, à conditions constantes, sans aucune garantie, aux sirènes d’une élection locale. N’en jetez plus d’incohérences ! Pour le peuple, le vase est plein.
Face à un tel constat, il se trouve encore des tartuffes qui jouent les vierges effarouchées. Étalement de mauvaise foi allant jusqu’à sommer le PNP de s’excuser et de condamner ce qui n’est que le résultat d’un dévoiement de la lutte que le peuple dans sa grande sagesse a bien perçu. Le déni de responsabilité et le mépris de la parole du peuple conduisent des thuriféraires de l’ANC à emboucher la dangereuse trompette du tribalisme en faisant mine d’oublier que le rejet s’est produit dans plusieurs localités contre des gens qui, hier encore, y étaient adulés et accueillis à bras ouverts. Il faut quitter rapidement ces oripeaux dangereux si une certaine opposition, bien plus sûrement que le pouvoir, ne veut provoquer l’embrasement du pays.

L’obsession Atchadam ou les racines profondes du mal

C’est indéniable. L’ancrage du Parti National Panafricain (PNP) sur l’échiquier politique a rebattu les cartes. Il ne s’agit pas d’une simple redistribution des rôles. Tikpi n’est pas venu prendre sa part dans le jeu de collusion incestueuse entre le régime et ceux qui jouent aux « opposants » à l’éclosion d’une véritable opposition à la dictature. Le bel ordonnancement complice de l’ANC en fut ébranlé. Le PNP est devenu ipso factol’adversaire à abattre. Fabre et ses lieutenants ont été soudain saisis par une fièvre obsessionnelle nommée Atchadam Tikpi. Il était clair que la C14 ne pouvait atteindre ses objectifs. La chute du régime n’étant pas la visée de M. Fabre. Seul lui importait la mise à bas du PNP. Laissant l’ombre pour la proie, l’ANC a multiplié les obstacles, les chausse-trappes et les manœuvres pour contenir ce parti qui rencontre les faveurs du peuple par la simplicité percutante du discours et de l’action. Comment comprendre autrement l’acceptation d’un dialogue consécutif à un soulèvement sans la présence effective de l’auteur du 19 août 2017 ? Les exemples sont légion jusqu’au pathétique : la revendication par M. Fabre il y a quelques jours à Bafilo de la paternité du slogan PNP : « bindjé gué bindjé » et ses explications emberlificotées à propos des 30 millions perçus indûment.A ce niveau de la communication politique, il serait suicidaire de confier le destin du peuple à un esprit aussi étroit. Le peuple l’a bien compris. M. Fabre va rejoindre la longue charrette des hommes politiques oublieux du peuple qu’ils ont pourtant fait profession de conduire.
Participer aux élections locales dont les leviers sont « entièrement » entre les mains du tyran, c’est signer la mort d’une génération de politiciens défaillants. Ils y voient une bouée de sauvetage lancée par « leurs alliés ». Ils se hâtent vers les mairies aménagées par la satrapie comme récompenses de bons et loyaux services.
Il me souvient la réponse de M. Bawara au journaliste Babylas Boton peu avant le simulacre du 20 décembre 2018. Il disait que le pouvoir pensait à caser au Sénat ces politiciens de carrière privés de sièges de députés. L’ombre d’un contrat n’est pas loin. L’incompréhensible renoncement aux huit sièges à la CENI prend alors sens. De même, s’éclaire la décision de participer « sans garantie » aux élections locales. Le RPT / UNIR s’apprête à ouvrir sa hotte à Fabre et consorts en les « nommant », comme de vulgaires godillots aux postes de maires et de conseillers municipaux. Voilà le jeu délétère auquel on assiste. Voilà ce que le peuple a bien compris. Voilà la raison de son hostilité grandissante envers ceux qui ont pris délibérément le parti de le trahir.
Le cauchemar de M. Fabre ne fait que commencer. Il ira en s’amplifiant. Il est appelé à connaître le sort de son mentor M. Gilchrist Olympio.
Pour les militants sincères de l’ANC il convient de songer à l’après Fabre. Maintenir un si médiocre acteur à la tête d’un si grand parti, c’est lourdement hypothéquer son avenir. La valeur d’un arbre ne se mesure qu’à la qualité de ses fruits. L’arbre Fabre n’a laissé que des racines amères. Il faut les extirper sans ménagement.


Jean-Baptiste K.

vendredi 7 juin 2019

TOGO : SORTIR DE L'ESCLAVAGISME MENTAL VOLONTAIRE



Lors de mon dernier séjour au Togo, j’ai été stupéfait de remarquer avec quel prosélytisme et avec quelle rapidité se sont installés dans mon pays des charlatans de toutes provenances: évangélistes, imams, gourous, sectes diverses avec toutes leurs dérives, pasteurs et toutes sortes de sorciers…invitant les Togolais à prier plutôt qu'à se battre pour se sortir de leur situation, abusant sans vergogne de la misère de tout un peuple. 
Au cours de mes tournées, j'ai en effet découvert avec écœurement que pendant que les écoles, les collèges, les lycées et même les universités croupissent dans la misère, installés sous des paillotes de fortune improvisées par les parents d'élèves... des temples, églises, mosquées flambant neuf poussent en pleine brousse, construits « en dur » et même pour la plupart, équipés de groupes électrogènes autonomes et... climatisés. 
Tout cela se passe sous le regard complice ou plutôt même encourageant du pouvoir politique qui n'attendait pas tant pour asseoir encore davantage sa domination.
Comment expliquer à mes compatriotes que la foi en un Dieu ne peut pas remplacer l’action soutenue et guidée par la volonté de trouver d’abord une solution humaine à des problèmes éminemment humains?
Comment leur faire comprendre que soumission et dogmatisme ne sont que les deux faces de la même médaille qui s'appelle aliénation? 
Comment les persuader que leur libération ne peut être que leur propre œuvre et que partout dans ce vaste monde, les dictatures n'ont été vaincues que par les hommes et eux seuls, même en l’absence de Dieu et quelquefois même contre « sa volonté », comme ont toujours insinué les puissants qui ont, sans relâche et partout, soumis et exploité les misérables en son nom? 
J'en connais un qui a chassé les marchands du temple pour bien moins que ça...

C’est ici chez moi, au Togo, que j’ai compris le vrai sens de la fameuse formule de Karl Marx: « …la religion est l’opium du peuple… », ainsi que la réelle signification du fameux hymne britannique: « God save the Queen... »!
Que l’on ne se méprenne pas sur ma pensée: je n’ai jamais empêché qui que ce soit de croire en ce qui lui plaît, ni imposé aucun dogme à personne.
Pour ma part, je ne suis pas un croyant dogmatique et encore moins une grenouille-de-bénitier ; je n'ai pas la « Foi » au sens d'affiliation à une religion donnée. 
J'ai beaucoup de respect, de considération et d'admiration même pour ceux qui ont la foi, parce qu'ils ont ce plus qui est la relation singulière qu'elle leur donne avec la connaissance, l'humilité, le sens de leur « limite » d'homme... 
Je ne suis pas pour autant un athée bouffe-curés, ni même un agnostique... 
Mais peut-être plus prosaïquement juste un déiste cosmopolitequi accepte les enseignements des différentes religions. Ma très longue pratique de la politique, jalonnée de tolérance et de compréhension, plaide largement pour ce que je suis... 
Je crois (la croyance n'est pas la Foi!) seulement en une puissance universelle présente dans le cosmos et qui maintient sa cohésion: en cela, je suis profondément l’Africain que je n’ai jamais cessé d’être... 
Je veux seulement insister sur le fait que la foi ne peut pas remplacer le combat politique, même si elle peut parfois en être le ferment, pour les croyants notamment. 
Je veux donc demander aux Togolais de s’investir massivement et volontairement dans la politique de notre pays. 
Je veux qu’ensemble, on «torde définitivement le cou» à ce préjugé plus tenace au Togo qu’ailleurs, selon lequel la politique ne serait réservée qu'aux escrocs et aux menteurs, aux crapules, aux charlatans qui, depuis des décennies, répriment les Togolais en tuant dans l’œuf toute aspiration au cartésianisme et à la liberté. 
Je veux que les Togolais sachent que tout cela ne relève aucunement ni de la fatalité, ni de la malédiction et que des « braves gens » doivent assiéger la citadelle de la politique, qui soutenu par sa foi, qui par ses convictions idéologiques, qui par sa volonté de changement.
C'est là et seulement là que se trouve la voie de l'alternance politique.

lundi 11 février 2019

KOFI YAMGNANE...IL EST TEMPS!

Oui il serait temps de voir M. Kofi Yamgnane revenir sous "les feux de la rampe". Nous avons besoin d'hommes politiques comme lui c'est à dire des hommes expérimentés (ex membre de gouvernement, vice président du conseil général, député, maire mais resté lui même + une candidature à la Présidence de la république du Togo !!!). Je pense que Kofi Yamgnane serait aussi à même de commencer à faire réfléchir la France sur son rôle néfaste en Afrique de l'Ouest, tant économiquement que politiquement. Il pourrait être intéressant de créer une union, une fraternité, un rassemblement des africains de l'ouest vivant en France afin qu'ils puissent exprimer pourquoi ils ont du quitter leurs pays qu'ils aiment tant. Dire ce qu'ils ont trouvé ici !!! et développer leur analyse sur la situation de leur pays, de l'exploitation qu'ils ont vue, voire qu'ils ont subi ! etc etc... Pourquoi tant de jeunes et belles femmes africaines acceptent de se marier avec n'importe quel Français, de n'importe quelle situation et de n'importe quel âge ? Pourquoi ? Pour moi, d'une certaine façon c'est une certaine forme passive de néo esclavagisme via internet et ses réseaux...
Alain, Troadec, Professeur, Rectorat de Rennes

jeudi 10 janvier 2019

DEUX POIDS, DEUX MESURES

DEUX POIDS, DEUX MESURES, OU LE SYNDROME DU PARFAIT NÉO-COLONIALISTE!

Les résultats du scrutin présidentiel en RDC viennent de tomber, publiés par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), organe spécialisé de contrôle des élections, créé dans cet objectif exclusif par le pouvoir politique du pays.
France Inter, radio publique française, dans sa tranche matinale d'émission "7/9", annonce les résultats avec le commentaire suivant : "...pour la première fois en Afrique, l'alternance politique est arrivée en RDC !" 
L'Africain que je suis s'en réjouit avec de très nombreux autres Africains qui attendent cet événement depuis des décennies ! 
M. Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, intervient quelques instants plus tard pour remettre en cause les résultats annoncés par la CENI et affirmer que la "...commission épiscopale" ne donne pas les mêmes résultats !
Comment la République française, République démocratique, sociale et laïque, peut-elle faire davantage confiance à une Commission religieuse qu'à la CENI, organe national ?
En réalité, en se permettant ainsi de se mêler de ce qui ne le regarde pas, M.Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, confirme s'il en était encore nécessaire, le néo-colonialisme qu'il incarne au nom de la France catholique ! 
La Françafrique n'est pas morte ! C'est la France, de de Gaulle à Macron, qui continue à nommer les dirigeants africains : ceux qui, comme Gnassingbé du Togo, IBK au Mali, Bongo au Gabon...etc, sont nommés ; ceux qui ne lui plaisent pas tel que Tchissékédi en RDC, peuvent gagner certes, mais ne gouverneront jamais leurs pays !
Vive la République ! Vivent les "progressistes bretons" !

jeudi 28 juin 2018

Kofi Yamgnane appelle les togolais d’ici et d’ailleurs à un changement de comportement

Dans une déclaration intitulée « Gerry Taama : l’accueil indigne du Togo fait à Bruxelles », le président du parti Sursaut-Togo, Kofi Yamgnane (togolais de la diaspora) a exprimé son indignation devant la mésaventure dont a été victime le week-end dernier Gerry Taama, président du Nouvel engagement togolais (NET) à Bruxelles.
« Je tiens à dire ici mon indignation à propos de ces événements: le débat politique ne peut et ne doit pas donner lieu, sous aucun prétexte, à l’injure, à l’invective et encore moins à la violence physique. N’est-ce pas précisément ce que nous reprochons au pouvoir RPT/UNIR qui, à tout moment, sort ses soldats et ses milices contre des manifestants pacifiques aux mains nues ? Si nous voulons un changement, nous avons l’obligation de réellement et résolument changer nos propres comportements en même temps que d’exiger un changement de mode de gouvernement », écrivait-il.
En outre, il invite ses compatriotes à réfléchir par rapport à une de ses aspirations : « La démocratie que nous appelons de nos vœux doit être une démocratie de débats d’idées, pas d’échanges de bastonnades ». Pour Kofi Yamgnane, « il est hors de question de remplacer le débat démocratique argumenté, honnête, courtois, franc et tout empreint d’écoute et de tolérance, par les méthodes de voyous que nous dénonçons depuis si longtemps ».

mercredi 7 mars 2018

EN MATÈRE POLITIQUE, TÔT OU TARD, TOUTE COMPROMISSION SE PAIE !




"Les peuples, comme les hommes, finissent toujours par payer leurs compromissions politiques : avec des larmes parfois, avec du sang souvent, mais toujours dans la douleur », disait Norbert Zongo.
Deux illustres et malheureux exemples de l'heure peuvent être cités pour illustrer cette pensée : la RDC et le Togo .
Ces deux peuples, affligés et gémissant sous la férule de tyrans militaires, ont malheureusement leur part de responsabilité dans le drame qu'ils vivent.
En Afrique, toujours la compromission des peuples s'effectue à 3 niveaux :
Le 1er niveau
Il e
st constitué d'intellectuels opportunistes qui se servent de leurs connaissances livresques pour aider les dictateurs à donner un contour idéologique et politique à leur tyrannie... Le tyran peut voler, tuer, emprisonner, torturer... il sera défendu, intellectuellement réhabilité par des "cerveaux" au nom de leurs propres intérêts. Résultat : la plupart de ces intellectuels finissent par s'exiler, ou sont froidement exécutés ou "se suicident" en prison. Les plus heureux sont ceux qui sont dépouillés de leurs biens et de leurs privilèges avant d'être jetés en pâture au peuple... Le tyran ne connaît pas l'amitié longue et prospère...
Le 2ème niveau
Il e
st constitué par les opposants de circonstance. Ils se battent et entraînent des hommes sincères avec eux avant de rejoindre l'ennemi d'hier, avec armes et bagages, surtout avec la liste des opposants sincères. Résultat : ils bénéficient des grâces du tyran pendant quelque temps avant d'être éjectés, emprisonnés ou tués... Un dictateur n'a confiance en personne, surtout pas dans un ancien « opposant ».
Le 3ème niveau
Il e
st constitué des "indifférents". Les "pourvu que", la pure race des égoïstes myopes : pourvu que mon salaire tombe ! Pourvu que je n'aie pas d'ennuis ! Pourvu que rien n'arrive à ma famille...etc. Comme me le disait un brave ami togolais dans les années 1980 : "...pourvu que les bateaux continuent d'arriver au port ! Eyadema peut faire ce qu'il veut. On le laisse avec DIEU" - Notre ami est actuellement réfugié à Cotonou et les bateaux mouillent toujours au large de Lomé.

Morale de l'histoire : personne n'échappe à une dictature lorsqu'elle s'installe dans un pays.
Comme le dit la sagesse populaire, chaque peuple a le régime qu'il mérite. Et chaque compromission avec une dictature est toujours payée toujours cash et toujours au prix fort. La règle ne souffre pas d'exception.

Norbert ZONGO, « Le sens d'un combat » , in L'Indépendant du 03 Juin 1993

dimanche 14 janvier 2018

PAYS DE MERDE ou DIRIGEANTS DE MERDE?


Est-ce vraiment complètement faux, ce qu'a dit Donald Trump, concernant certains pays africains ou plutôt certains dirigeants africains ?
Faut-il alors s'en offusquer ?
Quand quelqu'un te dit que ton pays est "un pays de merde", ce n'est pas en affirmant le contraire où en protestant par des tweets que tu lui feras changer d'opinion ! Il faut plutôt faire en sorte qu'on ne soit pas perçu comme des pays merde. N'est-ce pas ce qu'ont fait les pays asiatiques sans trop de tapage ? N'est-ce pas ce que n'ont pas fait les pays africains ?
On ne peut certes pas encourager Trump dans ses propos racistes et irrévérencieux, mais : Comment peut-on qualifier un pays dont les dirigeants ne se soignent pas eux-mêmes dans leur propre pays et ne font pas scolariser leurs propres enfants dans leur propre pays ? Comment peut-on qualifier un pays dont les dirigeants règnent sur des citoyens qui vivent dans la peur et la faim volontairement planifiées, alors qu'eux-mêmes vivent dans le luxe avec l'argent du contribuable et avec les richesses du pays ?
Comment peut-on qualifier un pays dont les citoyens, les jeunes surtout, sont obligés de fuir leur propre terre de naissance pour aller chercher leur survie dans d'autres pays, parce qu'il n'y a plus d'espoir dans leur propre pays dont ils fuient la misère, le népotisme, les injustices, le règne des médiocres violents et le tribalisme, le clientélisme et qui n'attribuent les emplois qu'aux gens d'un clan où d'une communauté ?
Comment peut-on qualifier un pays où les paysans n'ont aucune possibilité d'avoir une mutuelle de santé et ne perçoivent aucune pension de retraite quand ils ne sont plus capables de travailler dans des champs, alors même qu'ils ont passé toute leur vie à trimer pour enrichir leurs dirigeants ?
Comment qualifier des pays où la pollution ne fait même pas partie des préoccupations publiques des dirigeants qui n'ont aucune politique de prévention pour éviter que les populations ne meurent ou ne soient malades du fait des eaux usées, des ordures ou de la pollution de l'air ?
Comment peut-on qualifier des pays où le droit à la vie des citoyens est le dernier des soucis des dirigeants et où quand un citoyen n'a pas de travail parce que les dirigeants ne font rien pour créer ou encourager la création d'emplois, ce citoyen est laissé à la merci de la nature et peut crever de faim sans assistance de l'État ?
Comment peut-on qualifier des pays où les richesses sont toutes accaparées par une minorité clanique et mafieuse au détriment de la majorité ?
Comment peut-on qualifier un pays où la justice épargne les plus violents et les plus riches et ne s'attaque qu'aux plus faibles, aux innocents et aux plus pauvres ?
Trump est peut-être mal placé pour le dire, mais moi j'appelle ça des pays de merde ou plutôt des dirigeants de merde, car c'est la merde qu'on fuit pour aller voir ailleurs si la vie n'est pas meilleure !
Si nous autres Africains ne voulons pas qu'on nous qualifie ou qu'on nous regarde comme des pays de merde, c'est à nous de travailler et d'agir pour imposer un autre regard nous concernant. Agissons pour sortir de la merde au lieu de faire des tapages et bavardages alors qu'on a réellement les deux pieds dans la merde.
Ces propos de Trump sont adressés aux dirigeants africains qui volent l'argent de leur pays pour aller vivre en Europe ou dans les hôtels luxueux chez les Blancs, en croyant que ces derniers ont un regard différent sur eux, parce qu'ils mènent une vie de luxe chez les occidentaux. Les propos de Trump ne viennent que rappeler à ces dirigeants africains qui sucent le sang des leurs, que le regard qu'on porte sur des individus membres d'un peuple ou d'une race, n'est pas lié à la richesse individuelle de quelques individus, mais bien plutôt à la façon dont vit tout le peuple ou toute la race dont on provient . Quelles que soient vos richesses que vous étalez et quel que soit votre niveau intellectuel personnel, vous serez toujours perçu comme de la merde, si vous provenez d'un pays de merde où il n'existe pas le respect des droits de l'homme, pas de liberté d'expression, où les gens meurent de faim et d'absence de soins, un pays où l'éducation est au rabais et ne sert à rien, où les filles et les fils du pays sont incapables de prendre la moindre initiative pour permettre de satisfaire les besoins élémentaires de la population !
Un sage africain du nom de Soyenka Wole disait : "le tigre ne crie pas sa tigritude, il saute sur sa proie et la dévore ". Quand quelqu'un vous regarde comme de la merde , ça ne sert à rien de crier que vous n'êtes pas de la merde ! Arrêtez de bavarder et agissez dans le sens de démontrer le contraire de la représentation mentale qu'il se fait de vous.


Docteur DOUMBIA Major