mardi 6 mars 2012

FRANCE AFRIQUE : ENFIN LA RUPTURE




En 2007, le candidat Sarkozy avait promis la rupture avec la françafrique. Mais le Gabon comme première destination présidentielle sur le sol africain, le discours de Dakar, la poursuite des sommets franco-africains, l’absence totale de réflexion sur la persistance du franc CFA, l’accentuation de la chasse éperdue aux immigrés... dévoilaient rapidement la difficulté d’innover.
L’âge du Président Sarkozy, qui n’a pas connu la période coloniale, aurait pu faire penser qu’il serait porteur d’une nouvelle vision pour l’Afrique. Mais cet âge s’est plutôt révélé un handicap : à la différence de ses prédécesseurs, de l’Afrique il connaissait mal l’Histoire et les enjeux.

Aujourd’hui, une nouvelle campagne présidentielle commence. C’est l’occasion de s’interroger sur la politique africaine qu’un autre locataire de l’Elysée pourrait promouvoir.
Dans les relations entre la France et l’Afrique Noire, dont un récent et excellent film présenté par ARTE a donné tous les détails, il persiste des anachronismes dont on s’interroge sur les raisons de leur survivance dans le pays des Droits de l’Homme.
Ces relations pour le moins ambigües que la France entretient avec ses anciennes colonies d’Afrique Noire couvrent bien des secteurs : soutien à des régimes corrompus, vente d’armes à des pays dont les revenus devraient servir à d’autres priorités, exploitation colonialiste des richesses brutes sans retombées positives pour les populations... Qu’est-ce qui justifie ces comportements ? La raison d’État et l’intérêt de la France? Mais cet intérêt égoïste ne peut, de toute évidence, durer éternellement !
À titre d’exemple, les bases militaires françaises doivent être issues d’une collaboration organisée avec les pays hôtes. Les étudiants africains et les élites issues de l’immigration doivent être considérés comme des ambassadeurs potentiels de la France en Afrique. Le codéveloppement devrait sortir des chemins miséreux des aides pour devenir transferts de technologies et de production à haute valeur ajoutée, sans oublier développement social et protection de l’environnement.

La politique migratoire française menée par Guéant aidant, de plus en plus de jeunes Africains se tournent vers les pays anglo-saxons et les pays dits “émergents” tels la Chine, l’Inde, le Brésil .... Et l’on comprend Comment la France a perdu l’Afrique, comme l’expliquait Stephen Smith. Ces jeunes sont les dirigeants de demain, quels pays seront leurs partenaires ? L’allié historique qui les a lâchés ou bien les nouveaux amis qui leur ont tendu une main respectueuse ?
La francophonie, autre fleuron de la fraternité franco-africaine, est hélas gérée avec la même arrogance, avec d’un côté la France majuscule et de l’autre l’afro-francophonie mineure. Qu’est-ce qui justifie que, le 14 juillet 2010, Nicolas Sarkozy ait convié les dirigeants de quatorze pays africains à venir célébrer, à Paris, le cinquantenaire de leur indépendance, sinon de renouveler publiquement leur serment de vassalité ? Est-ce vraiment à la "Mère-France" d’organiser le goûter d’anniversaire de ses «Enfants-Anciennes-Colonies» ? Il suffisait de savoir traduire le regard des quatorze chefs d’Etats concernés pour comprendre qu’une autre politique s’impose pour sauver ce qui peut encore l’être. Elle devra intégrer le respect des pays et des valeurs de la Révolution française.

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